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Vivre près d'une centrale nucléaire

La France compte 18 centrales nucléaires en fonctionnement et plusieurs dizaines d'autres installations nucléaires. Autour de chacune, un plan prépare la protection des habitants en cas d'accident.

Le plan particulier d'intervention (PPI)

Autour de chaque centrale nucléaire, le préfet établit un plan particulier d'intervention (PPI), qui organise l'alerte et la protection de la population en cas d'accident. Son rayon a été porté de 10 à 20 kilomètres autour de la centrale à partir de 2019. Les communes concernées figurent dans le PPI et dans la liste des risques de la commune (risque nucléaire).

Dans cette zone, les habitants sont informés régulièrement des consignes, les sirènes sont testées, et des exercices sont organisés. D'autres installations (centres de recherche, usines du cycle du combustible) ont leur propre PPI, de rayon plus petit.

Les comprimés d'iode

En cas d'accident, de l'iode radioactif peut être rejeté dans l'air. Pris au bon moment, un comprimé d'iode stable sature la thyroïde et l'empêche de fixer l'iode radioactif. Les comprimés sont distribués gratuitement en pharmacie, sans justificatif, aux habitants, entreprises, établissements recevant du public et collectivités situés dans la zone du PPI, lors de campagnes périodiques financées par les exploitants : zone de 0 à 10 km en 2016 puis à partir de septembre 2024, zone de 10 à 20 km en 2019 et 2020 (environ 2,2 millions d'habitants dans 1 100 communes).

Le comprimé ne se prend que sur consigne du préfet, diffusée par la radio, la télévision, les réseaux sociaux ou les véhicules à haut-parleur, idéalement quelques heures avant l'arrivée des rejets et au plus tard dans les 8 heures qui suivent. La dose dépend de l'âge : deux comprimés de 65 mg à partir de 12 ans, un seul de 3 à 12 ans, moins pour les plus jeunes.

En cas d'alerte

La consigne de base est la mise à l'abri : rentrer dans un bâtiment, fermer portes et fenêtres, couper la ventilation, écouter la radio et ne pas aller chercher les enfants à l'école, où ils sont pris en charge. L'évacuation ou la prise d'iode ne se font que sur consigne des autorités.

Le tritium dans l'eau du robinet

Le tritium est une forme radioactive de l'hydrogène. Il est produit naturellement dans l'atmosphère et, en plus grande quantité, par les réacteurs nucléaires, qui en rejettent dans les rivières et la mer dans des limites autorisées. Le contrôle sanitaire le recherche dans l'eau du robinet, surtout en aval des centrales.

La réglementation fixe pour le tritium une référence de qualité de 100 becquerels par litre (Bq/L) : ce n'est pas une limite sanitaire mais un seuil d'alerte, au-delà duquel l'agence régionale de santé doit rechercher d'autres substances radioactives d'origine humaine. À titre de comparaison, l'Organisation mondiale de la santé retient une valeur guide de 10 000 Bq/L. Les pages communes affichent la dernière mesure de tritium quand le réseau en a une.

Pour aller plus loin

Sources